Le sport : leur arme contre le cancer

Publié le 5 janvier 2021 dans Moments Forts, News


Ils ont la cote, les défis sportifs, petits ou grands, quand ils sont relevés pour la bonne cause. C’est que sport et cancer entretiennent un lien fort, entre une diminution du risque de développer la maladie ou d’en rechuter et une augmentation des chances d’en guérir et de retrouver une estime de soi. Explications avec un spécialiste de la santé, démonstration avec des patients ou leurs proches qui se sont challengés.

Depuis que le Télévie a lancé sa plateforme de parrainage en février 2017, le nombre de pages de collecte créées pour soutenir des performances sportives n’a cessé d’augmenter. Et les dons avec : plus de 3.600 donateurs sont passés par là, pour plus de 165.000 € récoltés. À la première initiative – les 20 km de Bruxelles –, d’autres ont suivi : joggings, marches, parcours cyclistes, etc. Rien qu’en 2019, 131 activités organisées par les bénévoles se déclinaient sur le thème du sport. En 2020, l’épidémie et le confinement ont eu raison de certains projets, notamment des 20 km de Bruxelles. Mais pas de tous.

Au nom d’un mien
Parmi la vingtaine de pages de collecte ouvertes sur le site du Télévie, celle de Quentin Lelong mérite qu’on s’y attarde : il fait parrainer son « idée folle de courir 100 km pour la lutte contre le cancer ». « Il faut dire que le Télévie et moi, nous sommes presque nés en même temps », précise le coureur pour expliquer son attachement à l’opération. « Vous le méritez, vous êtes juste incroyables, dans tout ce que vous faites, tant les bénévoles que les chercheurs et les animateurs. » Pour relever ce double challenge (courir 100 km et rassembler 1.000 €), Quentin espère avoir le même courage que son oncle Pierre quand il a été emporté par le cancer. C’est souvent en mémoire d’un être cher, rescapé ou disparu, mais toujours héroïque face à la maladie, que ces initiatives sont lancées.

Du Mont Asgard au Galibier
Le sport a toujours fait partie de l’esprit Télévie. Dès les années 90, la majorité des activités organisées par les bénévoles pour récolter de l’argent ont une consonance sportive (tournois de tennis ou de golf, marches, etc.). Les évènements montés par RTL Belgium adoptent la même philosophie : que ce soit au Grand Défi ou au Télévie en fête, les activités sportives sont nombreuses (joggings, courses de vélo, yoga). En 30 ans, l’opération a connu des exploits, comme lorsqu’en 2010 une équipe de jeunes alpinistes a planté le drapeau Télévie au sommet du Mont Asgard, après un mois de marche et deux semaines d’escalade. Le goût du défi continue à titiller Jean-Michel Zecca qui comptait lancer son vélo sur les pentes du Galibier en juin dernier, après avoir affronté celles du Mont Ventoux. Le projet est reporté à juin 2021 : il était impensable de décevoir les quelque 350 cyclistes qui s’étaient inscrits en l’espace de 10 jours pour rejoindre cette épopée. Le Télévie n’a d’ailleurs pas l’apanage du défi sportif relevé pour la bonne cause : aux 20 km de Bruxelles, on court pour la Fondation contre le Cancer, BIG against Brest Cancer ou Think Pink, etc.

Le sport avant, pendant et après le cancer
Bref, le sport est partout. Alors, sport et cancer, un bon mélange ? Assurément, selon Jean-Luc Van Laethem, Chef de la clinique d’oncologie digestive à Erasme et promoteur de projets Télévie. D’abord, en termes de prévention : « des données confirment la diminution du risque de développer un cancer quand on pratique une activité physique régulière. On sait en particulier que l’obésité et le surpoids favorisent ces maladies ».
Ensuite, dans le cadre d’un traitement, le sport rejoint une visée curative. « On ne demande pas aux patients oncologiques de devenir des Iron men ou des marathoniens », explique le médecin, « mais on leur recommande une activité physique dans des proportions modérées car la stimulation physique améliore une série de paramètres cliniques, physiques et psychiques. » Comprenez que les bénéfices du sport sont nombreux : diminution de la fatigue, réduction des troubles anxio-dépressifs, amélioration de l ’image corporelle, réduction des douleurs, diminution des effets secondaires des traitements. En termes de prévention de la récidive, les chiffres sont formels : « Des études menées dans le cadre des cancers du sein et du colon ont comparé des patients sédentaires et des patients qui ont une activité physique : les seconds présentent un plus grand taux de survie sans récidive », assure Jean-Luc Van Laethem.
La prise de conscience est si grande qu’aujourd’hui une série de programmes de kiné, de coaching et de revalidation physique sont mis en place en marge des traitements traditionnels. « Beaucoup de patients ont également le besoin d’interroger leur rapport à la vie », précise le promoteur Télévie en évoquant le développement de cours de yoga, de taï-chi ou de pleine conscience. Le sport apparait alors comme une façon de se remettre en selle et de réintégrer la vie sociale : « C’est un mécanisme qui existe aussi indépendamment de la maladie : faire du sport, être actif, compétitif, ça augmente l’estime de soi et aide à surmonter des contextes de dépression », analyse Luc Van Laethem qui conclut : « Un défi sportif, en fin de parcours thérapeutique, c’est une belle façon de reprendre le dessus sur la vie. » C’est ce qu’ont fait Marie et ses complices de l’asbl EnVie.


D'autres news