Marc Vidal, un biologiste cartographe

Professeur de génétique à la prestigieuse Université de Harvard, aux États-Unis, Marc Vidal est un homme passionné. Spécialiste de biologie moléculaire, ce chercheur de renommée internationale prend aujourd’hui la suite d’Arsène Burny à la présidence de la Commission scientifique du Télévie. Une façon de boucler la boucle alors que ce dernier lui a transmis la passion de la génétique, il y a près de 40 ans. 

Tout est parti d’une simple levure de bière. Étudiant en agronomie à la faculté de Gembloux, aujourd’hui AgrobioTech, Marc Vidal n’avait guère d’idée pour son futur. « Lancé sur la voie de l’agriculture, avec dans l’idée de partir en Afrique, je me destinais surtout à étudier des questions très pratiques, comme le rendement d’un champ de blé », se souvient-il aujourd’hui.

Seulement voilà : son professeur de génétique d’alors est un certain Arsène Burny. « L’écouter était passionnant, raconte Marc Vidal. Son enthousiasme pour la biologie moléculaire et la génétique a réveillé en moi quelque chose, et j’ai eu la note maximum à son cours alors que j’étais un étudiant moyen. »

Il fallait plus, cependant, qu’un simple cours de génétique pour que Marc Vidal renonce à ses rêves d’ailleurs. Le moment décisif a eu lieu en 1984. Pour son mémoire de fin d’études, Arsène Burny le convainc en effet de rencontrer François Hilger, un chercheur qui travaillait à Gembloux sur les levures. « Il m’a invité à travailler dans son laboratoire durant l’été, ce qui m’embêtait beaucoup, car je devais faire la moisson !, s’amuse le chercheur. Et puis je dois dire aussi que de prime abord, je n’avais aucune connaissance du monde scientifique. Je ne me voyais absolument pas en homme d’intérieur, à travailler dans un laboratoire avec des boîtes de pétri. Pourtant, dès les premières expériences sur les levures, j’ai été fasciné. »

Marc Vidal se décide alors à préparer une thèse de doctorat, avec un financement de l’IRSIA (correspondant aujourd’hui à une Bourse FRIA du FNRS). L’idée de découvrir le monde lui trotte toujours dans la tête, et il choisit, lorsque l’occasion se présente, de passer quelques mois à Chicago, aux États-Unis. Il finira par y rester… plus de trois ans ! « J’ai découvert deux gènes de levure impliqués dans la régulation de l’expression d’un grand nombre d’autres gènes, décrit-il. Or, sans le savoir, nous avions mis le doigt sur un mécanisme majeur de l’épigénétique ! »

En effet, cinq ans plus tard, en 1996, ses travaux feront écho à d’autres et feront exploser ce champ de recherche si crucial pour la compréhension de la génétique.

Cartographier le cancer

À la fin de sa thèse en 1991, Marc Vidal décide pourtant d’élargir ses connaissances. Il s’éloigne de la régulation du génome pour se pencher sur les mécanismes génétiques du cancer. Avec l’aide d’une bourse Télévie, il s’intéresse notamment à une protéine impliquée dans le rétinoblastome, un cancer de l’œil, et repart pour les États-Unis, cette fois-ci à Boston, où il travaille toujours. « Mais au lieu de m’éloigner de mon intérêt de départ, je découvre que la protéine que j’étudiais était en lien direct avec un des gènes que j’avais étudiés pendant ma thèse ! s’exclame-t-il. C’était comme partir à l’autre bout du monde et, en arrivant à l’aéroport, tomber sur une vieille connaissance. »

Face à ce grand écart, Marc Vidal a eu un réflexe qu’il attribue à sa formation initiale d’ingénieur agronome, qui souhaite voir clair dans son objet d’étude : « Il me fallait une carte, résume-t-il. En effet, nous savions que les gènes produisent des protéines qui interagissent entre elles, explique-t-il. Mais qui interagit avec qui, de quelle manière, tout cela était pour nous une boîte noire dans laquelle nous tâtonnions. » Et c’est cette carte, que l’on nomme aujourd’hui l’interactome, c’est-àdire l’ensemble des interactions entre les protéines d’une même cellule, qu’il a patiemment contribué à établir pendant plus de 30 ans, et qui lui a valu une telle renommée internationale.

Aujourd’hui directeur du Center for Cancer Systems Biology au Dana-Farber Cancer Institute de l’Université de Harvard, Marc Vidal a publié dans de nombreuses et prestigieuses revues scientifiques ses résultats de recherche, si importants pour la compréhension du cancer : « Prenons l’exemple du cancer du sein. Même lorsqu’une femme est porteuse d’une mutation donnée dans le gène BRCA1 et qu’elle a 80% de chances de développer un cancer du sein ou de l’ovaire, elle a aussi 20% de chance de rester en bonne santé, soit 1 sur 5 ! Cette probabilité trouve en grande partie sa source dans la façon dont les protéines interagissent à l’intérieur des cellules mammaires. Il est donc primordial de cartographier ces interactions pour pouvoir prédire avec plus de certitude les risques pour les patients. »

 « Il faut voir cela comme Google Maps, illustre-t-il. Une vue d’ensemble permet de planifier sommairement votre itinéraire. Mais une carte plus précise, permet de prédire les bouchons et les travaux sur le chemin. »

Bien qu’expatrié aux États-Unis, Marc Vidal a toujours gardé des liens nombreux avec la Belgique, à commencer par le Télévie et la Commission scientifique, dont il est désormais Président. « Cette commission consiste à sélectionner les recherches qui ont le plus de chances d’avoir in fine un bénéfice pour la santé des patients, dévoile-t-il. Je songe souvent que les dons qui vont financer ces recherches ont été faits avec le cœur, et il est important que nous fassions attention à ce que cet argent soit bien dépensé. » 

Thibault Grandjean

Quand un don devient le point de départ d’une grande aventure scientifique

Comment naît un projet Télévie et jusqu’où peut-il mener ? À travers les témoignages de Pierre Sonveaux (UCLouvain), Françoise Rothé (ULB – Institut Jules Bordet) et Marc Vidal (Université Harvard), plongée dans le quotidien des jeunes chercheuses et chercheurs que le Télévie aide à faire éclore.

Derrière chaque projet financé par le Télévie, il y a une histoire. Pour certains, tout commence avec un souvenir familial, un parent touché par la maladie, une envie d’agir. Pour d’autres, c’est la rencontre avec un promoteur ou un laboratoire qui donne le déclic. Le Télévie soutient chaque année près d’une centaine de jeunes chercheuses et chercheurs qui, grâce à une bourse de doctorat, se lancent dans quatre années de travail exigeant. Leur parcours suit un fil clair : un projet, un financement, un apprentissage, une découverte. « La recherche, c’est un travail d’équipe, un marathon collectif », résume le Pr Pierre Sonveaux, Directeur de recherches FNRS à l’UCLouvain.

Le point de départ

Tout projet de recherche commence par une rencontre : celle d’un étudiant et d’un promoteur, d’une idée et d’un besoin. À l’UCLouvain, Pierre Sonveaux décrit un système où la motivation personnelle joue un rôle décisif : « En général, les doctorants sont ceux qui viennent frapper à notre porte. Ils ont souvent un lien personnel avec la maladie : un parent, un proche. Cela donne une motivation au-delà de la simple réalisation d’un manuscrit de thèse. » Le chercheur parle d’une filière déjà préparée à l’UCLouvain : des étudiantes et étudiants « chercheurs » qui se forment au laboratoire avant même d’être diplômés et d’obtenir une bourse Télévie. « Pendant deux ans, ils sont dispensés de certains travaux pratiques pour venir au labo. Le jour où ils décrochent la bourse, ils sont déjà intégrés, autonomes et prêts à travailler. » Au laboratoire de recherche de l’Institut Jules Bordet, dirigé par Françoise Rothé, on fonctionne selon un schéma inversé. « C’est nous, promoteurs, qui écrivons le projet avant de trouver le doctorant », précise la Pre Françoise Rothé, Directrice associée des laboratoires de recherche en cancérologie de l’Institut Bordet. « Quand la Commission scientifique du Télévie valide la demande, nous recrutons ensuite la personne la plus qualifiée. » Les profils sont variés, souvent internationaux : un seul doctorant belge sur huit, précise la Pre Rothé. « Ce qui compte, c’est la qualité scientifique, mais aussi les valeurs humaines. » Lors du recrutement, elle attache autant d’importance au CV qu’au parcours personnel. « Je regarde si le candidat ou la candidate a déjà eu une mobilité, s’il ou elle a fait un stage à l’étranger, s’il ou elle s’est engagé dans des activités de bénévolat ou de volontariat. Cela dit beaucoup des valeurs d’une personne. Dans la recherche contre le cancer, ça compte. » Deux philosophies, donc, mais une même conviction : le moteur d’un projet, c’est la passion.

Le financement : le rôle clé du Télévie

Avant qu’un projet ne voie le jour, il faut convaincre. Chaque année, des centaines de promoteurs ou promotrices déposent un dossier auprès du Télévie. Ces projets sont évalués par une commission scientifique indépendante et internationale, sur la base de critères précis : pertinence clinique, potentiel d’innovation, encadrement et faisabilité. « Le Télévie finance essentiellement le salaire de doctorants et de doctorantes », explique le Pr Pierre Sonveaux. « Un projet doit être faisable : il faut avoir accès à des échantillons, à des technologies, à des experts cliniciens. Le Télévie est notre source principale pour financer les doctorants », précise la Pre Françoise Rothé. Pour Marc Vidal, Professeur à l’Université de Harvard et Président de la Commission scientifique du Télévie, l’ampleur du soutien est exceptionnelle : « Le Télévie est devenu au fil des ans, un acteur majeur dans la recherche contre le cancer en Belgique francophone. » Car sans financement durable, pas de recherche possible. Mais cela reste un pari : le Télévie n’achète pas des résultats, il donne du temps, une chance et une voix aux chercheuses et chercheurs. « C’est une graine que le Télévie plante. Le chercheur, c’est un arbre en devenir ; mais il faut encore du terreau et du temps », souligne le Pr Sonveaux.

Apprentissages, doutes et premiers résultats


Une fois la bourse accordée, le véritable parcours du chercheur et de la chercheuse commence. « En général, dans mon laboratoire, la première année est surtout consacrée à la mise au point des modèles et à la formation de l’étudiant », décrit Pierre Sonveaux. « Il faut développer les outils, adapter la technologie, apprendre à manipuler les machines. C’est une année de construction. » À partir de la deuxième année, la recherche entre dans une phase très active : tester des hypothèses, produire des données, répéter les expériences. « Chaque découverte doit être reproduite plusieurs fois, idéalement six ou sept, avant de pouvoir dire : on a trouvé quelque chose », précise le Pr Sonveaux. Françoise Rothé souligne l’équilibre entre apprentissage et exigence. « Les doctorants s’intègrent dans un open space où travaillent aussi des postdocs. L’objectif est de favoriser la communication, l’entraide, la collaboration entre pairs. » Au bout de deux ans, chaque doctorant ou doctorante doit fournir un rapport d’avancement à la Commission scientifique du Télévie. « La bourse Télévie est accordée pour deux ans, puis renouvelable pour deux années supplémentaires, à condition de démontrer que le projet avance », explique Pierre Sonveaux. « Il faut présenter des résultats, même partiels, prouver la faisabilité, et surtout montrer la motivation de l’étudiant. » Françoise Rothé abonde : « Ce moment est important pour tout le monde, y compris pour les promoteurs. On évalue non seulement la progression du travail, mais aussi la dynamique de l’équipe. Cela permet d’éviter qu’un jeune chercheur se retrouve bloqué ou découragé. »

De l’hypothèse à la découverte


Au fil des mois, les hypothèses prennent forme. Les chercheurs et les chercheuses avancent du plus simple vers le plus complexe. « On commence souvent avec des systèmes très simplifiés, avec des cellules dans une boîte de culture », raconte Pierre Sonveaux. « À ce stade, on est encore très loin du patient, mais c’est nécessaire. Il faut d’abord comprendre les mécanismes de base avant d’aborder la complexité biologique d’une tumeur. » Peu à peu, ces modèles évoluent. Les cultures passent de deux à trois dimensions : les cellules s’assemblent en sphéroïdes, puis en organoïdes, qui reproduisent davantage la structure d’un tissu. « Ensuite, on vérifie si ce qu’on a observé dans ces modèles se retrouve dans les échantillons de patients, les biopsies. C’est là que la recherche devient vraiment translationnelle, c’est-à- dire qu’elle prend une dimension également clinique ». À l’Institut Jules Bordet, cette approche « du labo au patient » s’incarne pleinement. « Nous travaillons sur des échantillons issus directement des tumeurs provenant de patients traités à l’hôpital ou dans le cadre d’études cliniques », explique Françoise Rothé. « L’objectif est de comprendre la composition, l’organisation spatiale de la tumeur, les gènes actifs ou mutés, les cellules immunitaires présentes. Cela permet d’identifier des marqueurs pronostiques ou prédictifs et, à terme, d’optimiser la prise en charge des patients. »

Après la thèse : mobilité et continuité


Au terme de quatre années de travail, le doctorant ou la doctorante soutient sa thèse. Un moment attendu, mais rarement une fin. « Sa thèse, c’est son chef-d’œuvre », confie le Pr Pierre Sonveaux. « Il ou elle la défend devant un jury, publie ses résultats, et reçoit le titre de docteur. Mais souvent, c’est là que tout commence. » Trois chemins s’offrent alors à lui ou à elle : la recherche académique, l’industrie pharmaceutique ou, plus rarement, un changement de cap. « Les plus nombreux poursuivent en postdoctorat, souvent à l’étranger », explique le Pr Sonveaux. « Cette mobilité est essentielle : elle permet d’apprendre d’autres méthodes et d’acquérir une indépendance scientifique. »Françoise Rothé et Marc Vidal partagent cette analyse. « Lorsqu’un étudiant ou une étudiante a déjà travaillé dans plusieurs pays, cela se voit tout de suite dans son profil. Il ou elle a appris à s’adapter, à collaborer dans des environnements différents, et cela en dit long sur sa motivation », avance la chercheuse de l’ULB. Marc Vidal, Président de la Commission scientifique Télévie et professeur à Harvard, de compléter : « La mobilité est très importante dans la carrière d’une chercheuse ou d’un chercheur. C’est souvent un passage obligé. Ceux qui ont bougé, qui ont été exposés à d’autres cultures scientifiques, reviennent plus forts. » Le Télévie forme ainsi toute une génération de chercheurs et chercheuses qui portent la Belgique au-delà de ses frontières. Certains reviennent, d’autres s’installent ailleurs : dans tous les cas, ils prolongent le mouvement initié par la bourse.

Regard croisé sur la recherche

Depuis son bureau de Harvard, le Pr Marc Vidal suit avec grand intérêt la recherche belge francophone. Il garde un œil attentif sur les jeunes chercheuses et chercheurs formés grâce au Télévie. « Certains et certaines d’entre eux sont venus travailler chez moi. Franchement, ils sont d’un excellent niveau », assure-t-il.

Lorsqu’on lui demande si la Belgique francophone a un bon niveau en recherche oncologique, il met en garde contre les comparaisons hâtives. « Comparaison n’est pas raison », sourit-il. « Les États-Unis, c’est cinquante États, presque cinquante pays. Si on compare la Belgique au Massachusetts, il n’y a pas photo : Harvard, le MIT… Mais si on la compare au Tennessee, on est très bien placés ! »

Marc Vidal insiste surtout sur la performance du Télévie à l’échelle de la population. « Ici, aux États-Unis, une opération similaire – Stand Up to Cancer – lève cent millions de dollars tous les deux ans. Mais si l’on divise par la taille de la population, ce que réalise la Belgique francophone avec 13 millions € chaque année, c’est extraordinaire. »

Le Pr Pierre Sonveaux confirme que les moyens disponibles restent modestes mais efficaces. « Quand on compare aux grands pays, on ne peut évidemment pas rivaliser en volume de financement. Mais notre système fonctionne. Le Télévie, le FNRS et l’UCLouvain soutiennent de vrais projets de recherche fondamentale, pas des promesses à court terme. C’est ce qui fait notre force. » La Pre Françoise Rothé souligne quant à elle l’impact du Télévie sur l’attractivité du pays. « Les financements Télévie permettent d’attirer des talents de toute l’Europe et créent une vraie diversité dans les laboratoires. » Tous reconnaissent toutefois que la Flandre dispose d’un cadre plus structuré. « Le VIB, le Vlaams Instituut voor Biotechnologie, a hissé la recherche flamande à un très haut niveau, notamment en attirant des chercheurs étrangers », note le Pr Vidal. « Mais côté francophone, la qualité des projets reste remarquable, surtout au regard des moyens. Et de conclure, non sans fierté : « Le niveau global est bon, parfois excellent. Ce que le Télévie permet d’accomplir, compte tenu de l’échelle de la Belgique francophone, c’est tout simplement exceptionnel. »

Laurent Zanella

Le microbiote, un allié contre le cancer

Notre corps est l’hôte d’un nombre vertigineux d’organismes en tout genre que l’on nomme le microbiote. Loin d’être un ennemi, ce dernier dialogue avec notre corps et affecte profondément l’apparition et la progression de nombreux cancers.

Pendant longtemps, notre corps était considéré comme une forteresse à protéger des agresseurs comme les bactéries, virus et champignons… Et pourtant, si cette affirmation est vraie, elle est aussi fausse ! Partout sur notre peau, dans notre bouche et nos intestins vivent quantité d’organismes très utiles, que notre corps non seulement tolère, mais avec lesquels il interagit aussi en permanence.

Sans doute en raison de sa taille, le microbiote présent dans notre intestin est celui qui a reçu le plus d’attention. « La recherche a montré que ces bactéries n’étaient pas juste des hôtes de passage, mais qu’elles dialoguaient entre elles et avec notre corps, raconte Patrice Cani, Professeur à l’UCLouvain et spécialiste du microbiote intestinal. Ainsi, en plus de contribuer à notre digestion, le microbiote intestinal renforce la barrière intestinale, et régule notre système immunitaire.  Il s’agit réellement d’un écosystème propre à chacun d’entre nous. »

Et, comme tous les écosystèmes, son équilibre et sa diversité peuvent être perturbés. « Notre alimentation joue pour une grande part dans la composition de notre microbiote, indique le chercheur. Les fibres alimentaires, ou les différents types de graisse par exemple, vont avoir des effets très différents, qui peuvent augmenter la diversité et la richesse du microbiote, ou au contraire l’appauvrir. »

Si la recherche a mis en évidence qu’un microbiote pauvre ou déséquilibré contribue au développement de maladies métaboliques, comme le diabète ou l’obésité, qui sont elles-mêmes des facteurs de risque de développer un cancer, les mécanismes en jeu ne sont pas encore entièrement connus. C’est pourquoi le Télévie, mais aussi le FNRS et le WEL Research Institute*, financent plusieurs thèses sur le sujet.

« On constate que l’obésité et le cancer se renforcent mutuellement, notamment en raison d’une inflammation chronique de l’intestin, révèle ainsi la Professeure Bénédicte Jordan, Directrice de recherches FNRS à l’UCLouvain. Cette inflammation concourt à l’apparition des cancers liés au tractus gastrointestinal, comme celui du côlon, de l’estomac ou encore du foie, mais aussi de cancers moins évidents, comme les cancers du sein ou de la prostate. Nos recherches ont ainsi montré que les tissus adipeux, qui stockent les graisses, sécrètent des hormones qui contribuent à l’apparition du cancer. »

Des liens complexes

En plus de favoriser leur développement, le microbiote intestinal peut également jouer un rôle important dans la progression du cancer. « Nous avons ainsi mis en évidence que ces hormones accéléraient le développement de la maladie, voire l’apparition de métastases, notamment dans le cas du cancer du sein triple négatif, dévoile Bénédicte Jordan. Et actuellement, nous sommes en train de montrer que le mélanome, le cancer de la peau, va progresser plus vite et moins bien réagir au traitement chez les personnes obèses. »

« Il semblerait que l’intégrité de la barrière intestinale joue également un rôle, renchérit le Pr Cani. En présence d’un microbiote appauvri, cette barrière est moins étanche, et certaines molécules toxiques produites par les bactéries pénètrent dans la circulation sanguine et peuvent provoquer des dégâts à distance. »

Enfin, le microbiote joue un rôle important dans la régulation du système immunitaire, et donc dans le développement et la progression du cancer. « De nombreuses bactéries intestinales sécrètent des molécules qui vont pousser les cellules de l’immunité à protéger l’hôte du développement de certains cancers, explique le chercheur. À l’inverse, un microbiote déséquilibré, ou qui présente une certaine population de bactéries, est susceptible de rendre le système immunitaire aveugle, et ainsi de laisser les cancers se développer. »

Cependant, bien qu’il soit possible pour les patients d’agir sur la santé de leur microbiote, le Pr Cani met en gardecontre toute solution miracle. « Il n’existe actuellement pas de consensus scientifique pour privilégier un régime excluant certains nutriments comme le sucre. En revanche, un régime équilibré, tel que la nouvelle pyramide alimentaire proposée par le Conseil Supérieur de la Santé, avec par exemple 300g de légumes par jour, pas plus de 300g de viande rouge par semaine, ou encore la préférence des céréales complètes, est à privilégier. »

« Les régimes extrêmes sont à bannir, abonde Bénédicte Jordan. En revanche, et même si tous ne sont pas équivalents, avec des effets variant d’un patient à l’autre, la prescription de certains prébiotiques, comme les fibres alimentaires, ou certains probiotiques pourrait permettre de mieux supporter les séances de chimiothérapie en diminuant les effets secondaires comme les diarrhées. Une approche au cas par cas est nécessaire, mais il peut s’agir d’un facteur clé de la guérison. »

Thibault Grandjean

Le Rotary, un allié de poids pour sauver des vies

Depuis peu, le Télévie peut compter sur un nouveau soutien d’importance : le Rotary, présent à travers ses nombreux clubs à Bruxelles et en Wallonie, a décidé de rejoindre la collecte d’argent au profit de l’opération, notamment en menant toute une série d’actions locales.

Un projet fédérateur

Présente en Belgique depuis 1924, la plus ancienne organisation au monde de « service clubs » compte près de 10.000 membres dans notre pays. Et elle les invite depuis deux ans, côté francophone, à se mobiliser pour le Télévie. Résultat : 80.500 € récoltés en 2025. « Nous avions besoin d’un projet qui fédère nos différents clubs en Wallonie et à Bruxelles », explique Brigitte Niset, Coordinatrice générale de l’action du Rotary pour le Télévie. « Dans notre organisation, les clubs sont souverains : ils sont libres de suivre ou non nos propositions autour de sept grands axes, parmi lesquels la santé. Sur les 140 clubs que compte la Fédération Wallonie- Bruxelles, un peu plus de 70 ont décidé de rejoindre la cause du Télévie, en organisant une action, en faisant un don, ou encore en vendant des goodies ».

Quand les roues tournent au profit du Télévie


Ce joli succès s’est concrétisé grâce à de nombreuses initiatives. Ainsi, le Rotary Club de Comines-Warneton a organisé le 31 août dernier un rassemblement d’old-timers. Une partie des bénéfices sera versée au Télévie. Pour son Président Emmanuel Vandamme, « ce qui est intéressant pour nous qui aidons beaucoup d’œuvres au niveau international à travers le Rotary, c’est de pouvoir le faire aussi au niveau belge avec le Télévie. Cela motive particulièrement nos membres, car tout le monde connaît quelqu’un dans son entourage qui a été touché par le cancer. Et on sait que cet argent sera bien utilisé ».

De nombreuses actions en vue

À La Louvière, c’est lors du carnaval, en mars dernier, que les membres du Rotary Club se sont mobilisés. Bar à champagne, petits déjeuners pour les Gilles : à la clé, une jolie somme de 7.500 €. Eric Bury, Président du Rotary Club de La Louvière, explique pourquoi s’associer à l’opération était une très bonne idée : « Tout en réalisant une action au profit d’une cause fantastique, cette alliance permet aussi au Rotary de s’offrir une plus grande visibilité. 95 % de la population connaît le Télévie. Alors que 5 % à peine, peut-être, connaît le Rotary ».

Marcher pour susciter les donsLe Rotary ne manque pas d’idées. « Une semaine après la clôture du Télévie 2025, un gros concert était déjà organisé à Colfontaine », souligne Brigitte Niset. « Et une vingtaine d’actions sont prévues dans les mois à venir ! Mais nous voulons en parallèle obtenir davantage de dons privés. Et nous avons proposé aux clubs qui en ont envie d’organiser une action intitulée “ Des pas pour la vie ”. Ils peuvent proposer à leurs membres de marcher en se faisant parrainer, à raison de 10 € récoltés pour 1.000 pas au profit du Télévie. Le 18 avril, cette initiative se clôturera par une grande marche à Liège ». L’emblème du Rotary, c’est une roue d’engrenage de 24 dents. Le symbole de la transmission de l’énergie, 24 heures sur 24. Une énergie et un esprit de service que le Rotary de la Fédération Wallonie-Bruxelles exerce désormais au profit du Télévie.

13.459.073,87 de mercis !

Samedi soir dernier, à Liège Expo, des milliers de personnes se sont réunies pour célébrer la clôture de la 38ème édition du Télévie. Portée par une mobilisation exceptionnelle du public, des bénévoles, des partenaires et des artistes, l’opération a permis de récolter la somme record de 13.459.073,87 euros au profit de la recherche contre le cancer. 

Point culminant du Télévie 2026, la Grande Soirée a une nouvelle fois illustré la force de cet élan de solidarité qui ne faiblit pas. De nombreux artistes ont répondu présents, parmi lesquels Alice On The Roof, Mentissa, Fauve Hautot et Romain Guillermic, Oscar and the Wolf, Typh Barrow, Marine, Marguerite, Sandra Kim, ainsi que la marraine Lara Fabian, offrant au public des performances marquantes. 

Les témoignages de Véronique Barbier, Shilo, Romain et Véronique ont également profondément touché les téléspectateurs, rappelant avec émotion l’importance du combat mené. 

Nous remercions chaleureusement toutes celles et ceux qui ont contribué à cette réussite. Vous êtes le cœur du Télévie! 

La prochaine Grande Soirée du Télévie aura lieu le samedi 17 avril 2027. Mais déjà, depuis dimanche dernier, bénévoles et entreprises se mobilisent déjà en organisant de nouvelles activités.

Venez faire la fête avec Ludo, son cuistax et Radio Contact ! 

Cette année encore, Ludovic Daxhelet traversa une grande partie de la Belgique à bord de son cuistax avec de nombreuses personnalités (Olivier Schoonejans, Sandrine Corman, Sacha Ferra, Jean-Michel Zecca et bien d’autres encore). Cette incroyable épopée s’inscrit dans un objectif précis : faire grimper l’espoir et soutenir la recherche contre le cancer. Pour cela, il aura besoin de vous, de votre énergie et de votre soutien.  

Alors, vous aussi, contribuez à votre manière à ce défi complètement fou et venez faire la fête avec lui à chaque arrivée dans une ambiance de folie !

On vous attend à l’arrivée de chaque étape dès 17h30 pour mettre le feu à son arrivée et venir faire la fête avec lui. Au programme : Foodtrucks, bar, DJ Playlist de Tonton Radio Contact et concert du groupe Awissa.

Tous les détails des étapes ci-dessous. 

Suivez Ludo en direct via un lien GPS :

Vous voulez lui apporter votre soutien ?  

  • Parrainez-le en ligne : https://parrainage.televie.be/project/le-cuistax-televie-2026 
  • Venez à sa rencontre et faites un don sur place
  • Mettez l’ambiance au bord de la route : un mot d’encouragement, une pancarte personnalisée, une haie d’honneur improvisée, un petit ravitaillement… Surprenez-le pour transformer son passage en souvenirs extraordinaires !  

Et chaque jour, du 11 au 17 avril, vous pourrez découvrir les temps forts du défi à 18h50, sur RTL tvi.  

Ensemble, faisons de cette 6e édition une expérience inoubliable !  

JOUR 1 – Samedi 11 avril  

Tournai – Mons  

Départ : Maison des sports de Tournai – Arrivée : Place Léopold à Mons

Accueil dès 17h30

Au programme : Foodtrucks, bar, DJ Playlist de Tonton Radio Contact et concert du groupe Awissa

JOUR 2 – Dimanche 12 avril  

Mons – Ath  

Départ : Place Léopold – Arrivée : Grand-Place d’Ath

Accueil dès 17h30

Au programme : Foodtrucks, bar, DJ Playlist de Tonton Radio Contact et concert du groupe Awissa

JOUR 3 – Lundi 13 avril  

Ath – Ittre  

Départ : Grand-Place d’Ath – Arrivée : Centre de Ittre (Parking Placette)

Accueil dès 17h30

Au programme : Récolte de vos pièces rouges OPR, foodtrucks, bar, DJ Playlist de Tonton Radio Contact et concert du groupe Awissa

Consultez le parcours ici

JOUR 4 – Mardi 14 avril  

Gerpinnes – Nivelles  

Départ : Parking de la gare à Gerpinnes – Arrivée : Grand-Place Lambert Schiffelers à Nivelles

Accueil dès 17h30

Au programme : Récolte de vos pièces rouges OPR, foodtrucks, bar, DJ Playlist de Tonton Radio Contact et concert du groupe Awissa

Consultez le parcours ici

JOUR 5 – Mercredi 15 avril  

Stavelot – Verviers  

Départ : Place Saint-Remacle à Stavelot – Arrivée : Place Martyr à Verviers

Accueil dès 17h30

Au programme : Récolte de vos pièces rouges OPR, foodtrucks, bar, DJ Playlist de Tonton Radio Contact et concert du groupe Awissa

Consultez le parcours ici

JOUR 6 – Jeudi 16 avril  

La Roche-en-Ardenne – Bastogne  

Départ : Complexe sportif La Roche-en-Ardenne – Arrivée : Place Patton à Bastogne

Accueil dès 17h30

Au programme : Récolte de vos pièces rouges OPR, foodtrucks, bar, DJ Playlist de Tonton Radio Contact et concert du groupe Awissa

Consultez le parcours ici

JOUR 7 – Vendredi 17 avril  

Paliseul – Rochefort  

Départ : Commune de Paliseul – Arrivée : Vélodrome de Rochefort

Accueil dès 17h30

Au programme : Récolte de vos pièces rouges OPR, foodtrucks, bar, DJ Playlist de Tonton Radio Contact et concert du groupe Awissa

Consultez le parcours ici

JOUR 8 – Samedi 18 avril  

Tinlot – Liège Expo  

Départ : Salle La Tinlotoise – Arrivée : Liège Expo

Consultez le parcours ici

Le Télévie en folie est de retour !


Le Télévie en Folie revient pour une troisième édition !

Forte de son succès en 2023 et en 2024, la troupe du Télévie part en tournée et remonte sur scène au mois de mars 2026.

Retrouvez les personnalités de RTL en compagnie de Mister Cover pour une soirée de folie mêlant humour et musique.

Une belle occasion de passer une soirée conviviale en famille ou entre amis, tout en faisant avancer la recherche

Un tout nouveau spectacle à voir près de chez vous.

Hugues Hamelynck assurera quant à lui la mise en scène de ce spectacle.

Tous les bénéfices seront reversés au Télévie !

Réserver

Rejoignez nous :

  • Forum de Liège : jeudi 5 mars à 20h 
  • Dôme de Charleroi : dimanche 15 mars à 15h
  • Wex de Marche-en-Famenne : dimanche 22 mars à 15h
  • Sucrerie de Wavre : jeudi 26 mars à 20h

Prix de la place : 35€

Sur scène, retrouvez Sandrine Dans, Sandrine Corman, Emilie Dupuis, Caroline Fontenoy, Sophie Pendeville, Thomas de Bergeyck, Olivier Schoonejans, Luc Gilson et Hugues Hamelynck !

Réserver

Cancers génétiques : ce que vous devez savoir

À l’occasion de la Journée Nationale contre les cancers génétiques, il est essentiel de mettre en lumière une composante cruciale, mais souvent mal comprise : les cancers génétiques et héréditaires. Contrairement à la croyance populaire, la majorité des cancers ne sont pas transmis, mais pour les 5 à 10 % qui le sont, la connaissance et le dépistage précoce sont des atouts vitaux.

Qu’est-ce qu’un cancer génétique ?

Un cancer est dit génétique lorsqu’il est favorisé par une anomalie, ou mutation, dans les gènes. Il est important de distinguer deux origines principales :

  1. Le cancer héréditaire (5 à 10 % des cas) : La mutation est héritée d’un parent et est présente dans toutes les cellules du corps dès la naissance. Elle augmente considérablement le risque de développer certains types de cancers, souvent à un âge plus jeune.
  2. Le cancer acquis ou sporadique (la grande majorité des cas) : La mutation se produit au cours de la vie à cause de facteurs externes (tabac, radiations, alimentation, virus) ou simplement par hasard lors du vieillissement et de la division cellulaire.

Les gènes : des sentinelles essentielles

Les gènes qui, lorsqu’ils sont mutés, sont le plus souvent impliqués dans les formes héréditaires sont :

  • BRCA1 et BRCA2 : Ces gènes sont les plus célèbres, car ils augmentent fortement le risque de cancers du sein et de l’ovaire, mais aussi parfois de la prostate et du pancréas.
  • Les gènes du Syndrome de Lynch (MLH1, MSH2, etc.) : Ils sont responsables d’une prédisposition aux cancers colorectaux et de l’utérus, notamment.
  • APC : Impliqué dans la polypose adénomateuse familiale, qui cause un risque très élevé de cancer colorectal.
  • TP53 : Associé au Syndrome de Li-Fraumeni, qui prédispose à plusieurs types de cancers dès l’enfance.

Attention : Être porteur d’une mutation ne garantit pas l’apparition d’un cancer. Cela signifie simplement que le risque est significativement plus élevé que dans la population générale.

🔬 L’oncogénétique : la clé de la prévention

L’identification d’une prédisposition génétique commence par l’analyse des antécédents familiaux. Si plusieurs cas de cancers du même type apparaissent dans la même lignée ou à un jeune âge, une consultation d’oncogénétique peut être proposée.

Le processus de dépistage génétique

  1. Consultation spécialisée : Un oncogénéticien ou un conseiller en génétique analyse l’arbre généalogique familial et évalue la probabilité d’une mutation.
  2. Test génétique : Si le risque est jugé significatif, un test génétique (généralement une simple prise de sang) est proposé pour identifier la présence d’une mutation. Ce processus est long et se fait avec un consentement éclairé.

Agir : surveillance et prévention personnalisées

Lorsqu’une mutation génétique est identifiée, le patient n’est pas laissé seul face au risque. Au contraire, cette information permet de mettre en place des stratégies de prise en charge personnalisées, qui augmentent considérablement les chances de guérison :

  • Surveillance renforcée : Dépistage plus fréquent et plus précoce que pour la population générale (ex : IRM mammaires régulières, coloscopies précoces, dépistage spécifique pour d’autres organes).
  • Prévention proactive : Dans certains cas de très haut risque, des gestes préventifs peuvent être envisagés (comme une chirurgie prophylactique, par exemple l’ablation préventive des seins ou des ovaires).

À retenir : La connaissance de votre risque génétique est un outil puissant. Elle permet de transformer l’inquiétude en action concrète et de donner une longueur d’avance sur la maladie.

Les cas de cancer du foie pourraient doubler d’ici 2050 : est-ce possible d’éviter ce cancer mortel ?

Les cas de cancer du foie pourraient doubler d’ici 2050 en Belgique. Ce cancer est le troisième le plus meurtrier. La plupart du temps, il découle d’une maladie chronique du foie comme la cirrhose. Et cette maladie chronique résulte d’une consommation d’alcool excessive ou d’obésité. Est-ce possible d’éviter ce cancer particulièrement mortel ?

En Belgique en 2024, on dénombre 1.000 cas de cancer du foie. C’est quatre fois plus qu’en 2004. Et les perspectives ne sont pas optimistes. D’ici 2050, les cas de cancer du foie pourraient doubler, avec plus d’un million et demi de cas par an dans le monde.

Ces cancers sont intimement liés à notre hygiène de vie au quotidien. Le cancer du foie concerne principalement des hommes de plus de 50 ans.

Dans 90 % des cas, il découle d’une maladie chronique, comme la cirrhose. Elle fragilise l’organe et favorise le développement d’une tumeur. Pour prévenir le cancer du foie, il faut limiter la consommation d’alcool, manger sainement et éviter l’obésité.

« On sait que dans plus de 50 % des cas, on peut éviter le développement d’un cancer du foie si on a une hygiène alimentaire, une hygiène de vie qui est meilleure en termes de consommation d’alcool, en termes de perte de poids et de prise en charge de l’obésité », confirme Astrid Marot, gastro-entérologue au CHU UCL de Namur.

Selon l’Observatoire mondial du cancer, à l’échelle de la planète en 2050 le nombre de nouveaux cas grimpera à 1,52 million par an, soit un quasi-doublement, tandis que 1,37 million de personnes en mourront. Le cancer du foie est particulièrement virulent et mortel. Il n’y a que 25 à 30 % de survie dans les 5 ans après le diagnostic.

Crédits : RTL Info

Le cancer du poumon est « l’un des plus mortels », par quoi est-il provoqué ? Le tabagisme n’est pas l’unique cause

Le cancer du poumon est le deuxième plus fréquent. Selon le registre belge du cancer, il est en recul chez les hommes mais en augmentation chez les femmes. Les spécialistes appellent à un dépistage plus systématique. Quelles sont les causes de cette maladie ?

« Le tabac est responsable de 8 cas de cancer du poumon sur 10 », rappelle la Dre Véronique Le Ray, directrice médicale et porte-parole de la Fondation contre le Cancer. Elle explique que les deux autres cas sont « la faute à pas de chance ». Avant de préciser : « Pas de chance, c’est en partie la pollution aérienne et d’autre part, des facteurs héréditaires ou des facteurs génétiques. Des mutations qui se font et qui engendrent un cancer. »

Le cancer du poumon est aujourd’hui le deuxième plus fréquent en Belgique, tous sexes confondus. Mais c’est aussi l’un des plus meurtriers. « Il n’y a que trois personnes sur dix qui continuent à vivre avec un cancer du poumon, cinq ans après le diagnostic », souligne la Dre Le Ray.

Une progression marquée chez les femmes

Alors qu’il est en recul chez les hommes, le cancer du poumon connaît une augmentation chez les femmes. Une tendance confirmée par les données du registre belge du cancer, qui pointent une hausse régulière au cours des vingt dernières années.

Renaud Louis, directeur du service de pneumologie au CHU de Liège, explique : « Les cancers que l’on voit aujourd’hui chez les femmes sont les conséquences d’un tabagisme qui a été initié il y a une trentaine d’années. »

Si la majorité des cas sont liés au tabac, un patient sur cinq atteint de cancer du poumon n’a jamais fumé. Et ces cas concernent de plus en plus souvent des femmes. « La part des cancers pulmonaires chez les non-fumeurs reste faible, autour de 5 %, mais elle est souvent liée à des mutations génétiques », avance Renaud Louis.

Un appel au dépistage

Face à ces constats, les médecins plaident pour un dépistage plus précoce du cancer du poumon, à l’image de celui organisé pour le cancer colorectal, qui est gratuit dès l’âge de 50 ans. Une détection plus précoce pourrait augmenter les chances de survie, qui, bien que faibles, sont en progression : +13,5 % en Belgique ces dernières années.

Crédits : RTL Info

Mort de Thierry Ardisson : le cancer du foie tue en silence

Thierry Ardisson, célèbre animateur et producteur français, est décédé à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer du foie. Cette disparition remet en lumière un type de cancer encore méconnu du grand public, souvent silencieux mais redoutable. Le cancer du foie est une pathologie grave, qui touche un organe essentiel à notre organisme. Le foie joue un rôle central dans la digestion, la détoxification du sang et le métabolisme. Lorsqu’un cancer s’y développe, les conséquences peuvent être lourdes, d’autant plus qu’il reste souvent asymptomatique à un stade précoce.

Qu’est-ce que le cancer du foie ?

Le cancer du foie se caractérise par la croissance anarchique de cellules dans le tissu hépatique. Il peut être :

  • Primaire : c’est-à-dire qu’il prend naissance directement dans le foie. Le type le plus fréquent est le carcinome hépatocellulaire (CHC), qui touche les cellules principales du foie, appelées hépatocytes.
  • Secondaire (ou métastatique) : dans ce cas, le cancer provient d’un autre organe (comme le côlon, le sein ou les poumons) et s’est propagé au foie. Le foie est un site fréquent de métastases en raison de son rôle dans la filtration du sang.

Quels sont les facteurs de risque ?

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer un cancer du foie, notamment :

  • Les hépatites B et C chroniques, qui provoquent une inflammation persistante du foie.
  • La cirrhose, souvent liée à une consommation excessive d’alcool, mais aussi à la stéatose hépatique non alcoolique (foie gras).
  • Le diabète, l’obésité et le syndrome métabolique.
  • Une exposition à certaines toxines, comme l’aflatoxine (présente dans des aliments mal conservés dans certaines régions du monde).

Quels sont les symptômes ?

Le cancer du foie peut rester silencieux pendant longtemps. Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent inclure :

  • Une fatigue inhabituelle
  • Une perte de poids inexpliquée
  • Des douleurs dans la partie droite de l’abdomen
  • Une sensation de masse sous les côtes
  • Un jaunissement de la peau et des yeux (jaunisse)
  • Des nausées ou une perte d’appétit

Ces signes ne sont pas spécifiques au cancer du foie, mais ils doivent alerter, surtout chez les personnes à risque.

Comment est-il diagnostiqué ?

Le diagnostic repose généralement sur plusieurs examens :

  • Des prises de sang, notamment la mesure de l’alpha-fœtoprotéine (AFP), un marqueur tumoral.
  • L’échographie du foie, puis des examens d’imagerie plus poussés comme le scanner (CT) ou l’IRM.
  • Une biopsie du foie, si nécessaire, pour analyser les cellules au microscope.

Quels sont les traitements possibles ?

Les options de traitement dépendent du type de cancer, de sa taille, de son extension, de l’état du foie et de la santé générale du patient. On peut envisager :

  • La chirurgie, pour retirer la tumeur si elle est localisée.
  • La greffe de foie, dans certains cas précis.
  • Les traitements locorégionaux, comme la radiofréquence ou la chimioembolisation (injection de médicament directement dans la tumeur).
  • Les thérapies ciblées et l’immunothérapie, pour bloquer les mécanismes spécifiques de la tumeur ou stimuler le système immunitaire.
  • La chimiothérapie, utilisée dans certains cas avancés.

Peut-on prévenir le cancer du foie ?

Oui, plusieurs mesures permettent de réduire les risques :

  • Vaccination contre l’hépatite B
  • Dépistage et traitement des hépatites B et C
  • Réduction de la consommation d’alcool
  • Alimentation équilibrée et activité physique régulière
  • Surveillance régulière chez les personnes à risque, notamment les personnes atteintes de cirrhose

En conclusion, le cancer du foie est une maladie grave, mais mieux connue aujourd’hui. Les progrès de la médecine permettent des traitements de plus en plus ciblés et efficaces. Le dépistage précoce et la prévention sont essentiels pour améliorer le pronostic. Informer, sensibiliser et accompagner les patients sont des étapes clés dans la lutte contre cette maladie.

Plus de 138 propositions de recherches déposées à la commission Télévie: à quoi serviront les 13 millions d’euros récoltés grâce à vos dons ?

La commission Télévie étudie ce lundi les projets que les chercheurs espèrent financer grâce à vos dons. Grâce à votre générosité, plus de 13 millions d’euros ont été récoltés pour soutenir la recherche contre le cancer.

Environ un million d’euros de dons en plus par rapport à 2024. Cela ouvre la voie à la possibilité de financer des projets supplémentaires, voire encore plus ambitieux. L’année dernière, 90 projets de recherche ont pu être lancés. En 2025, la commission scientifique du Télévie a reçu plus de 138 propositions.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer quels sont les différents types de projets sur la table ? 

Marc Vidal, professeur à l’université d’Harvard et président de la commission scientifique Télévie : Les projets s’adaptent aux besoins de ce domaine. Évidemment, il faut essayer de détecter le plus vite possible, de manière précoce, comprendre les systèmes moléculaires qui font en sorte qu’une cellule devienne cancéreuse, et puis quand on a tout ça, agir. Et là, on parle de thérapie, d’immunothérapie, on en parle beaucoup pour l’instant, thérapie ciblée, problème des résistances à ces molécules, et puis aussi, dans une moindre mesure, mais quand même de manière significative, le bien-être du patient et de la patiente. Donc, on a des projets sur les quatre éléments. 

Parmi ces 138 dossiers que vous étudiez en ce moment, comment vous faites pour les différencier ? Quels sont les critères de sélection ? 

MV : Si on multiplie par l’argent qui est demandé par chacun de ces 138 dossiers, malheureusement ou heureusement, en fait, parce que ça veut dire qu’on a de la qualité ici dans la recherche scientifique, on a besoin de plus d’argent que ce qui nous est octroyé par l’opération Télévie. On remercie évidemment tout le monde. C’était fantastique cette année-ci, mais il faut faire un choix. Il faut en éliminer. Il faut en garder, et on travaille sur l’optimal. On travaille sur la probabilité que quelque chose marche et soit intéressant pour le domaine de la cancérologie. 

La commission rendra un rapport en fin de journée ce lundi, qui sera étudié par le conseil d’administration du FNRS. Celui-ci rendra son feu vert définitif pour les différents projets sélectionnés début juillet, puis ces projets de recherche pourront enfin être lancés début octobre.

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