Cancer : pas de trêve à cause du Covid

Publié le 12 janvier 2021 dans Moments Forts, News


C’est la Fondation contre le cancer qui l’annonce : au moins 5.000 cas de cancer seraient passés sous les radars depuis le début de l’épidémie de coronavirus, en mars 2020. En avril, par exemple, on a constaté 44 % de cas de cancer en moins en Belgique par rapport à l’année précédente.

De mars à septembre, ce chiffre était retombé à moins 14 %, avec un pic à moins 18 % pour les plus de 80 ans. C’est particulièrement vrai pour les cancers de la peau, de la vessie et des reins. Mais moins de cas diagnostiqués ne signifie pas, hélas, moins de cancers parmi la population belge .

VERS UNE HAUSSE DE LA MORTALITE

La peur d’attraper la Covid et la propension des gens à vouloir rester chez eux, et à ne pas sortir, même pour aller en consultation : voilà ce qui explique en grande partie cette diminution des chiffres. Conséquence néfaste : le diagnostic du cancer est posé plus tard. La maladie a eu le temps de progresser. Le traitement sera donc entamé à un stade plus avancé.

C’est aussi le constat posé en France, par l’Institut du cancer de Montpellier. Son directeur, Marc Ychou : « Un grand nombre de nouveaux patients arrivent à l’hôpital avec des tumeurs plus avancées qu’à l’accoutumée. Et moins de personnes viennent nous voir à un stade précoce ». 

Selon une étude de chercheurs britanniques et canadiens publiée dans le « British Medical Journal » et portant sur sept types de cancer, chaque report d’un mois d’une chirurgie augmenterait la surmortalité de 6 à 8 %.  Les résultats sont encore plus inquiétants pour certaines radiothérapies et autres chimiothérapies : le risque de décès s’accroîtrait de 9 % pour les radiothérapies dans le cancer de la tête et du cou, et de 13 % dans les traitements post-chirurgie en cas de cancer colorectal.

Même un délai de seulement deux semaines dans le traitement d’un cancer du sein augmenterait le risque de décès de 4 %. Si ce retard passe à 12 semaines, le risque de mortalité croîtrait alors de 26 % !

UN CONFINEMENT LOURD DE CONSEQUENCES

Tout cela sans parler des traitements, plus agressifs en cas de diagnostic tardif, de la perte de qualité de vie des malades, de la charge économique due au coût plus important des traitements.

Pour les chercheurs, les retards de diagnostic issus  du premier confinement auront des effets néfastes quantifiables dans quelques années. Selon une étude française menée par le réseau hospitalier « Unicancer », le ralentissement des soins imputable au confinement pourrait être la cause de de 1000 à 6000 décès dans les années à venir.

C’est pourquoi, les instances médicales et la Fondation contre le cancer invitent le grand public à consulter un médecin en cas de signaux d’alarme persistants. Surtout n’attendez pas avant de consulter ! Tout retard dans le diagnostic risquerait d’entraîner de lourdes conséquences pour votre santé !


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