Les chercheurs Télévie expliquent leur thèse en 180 secondes

Publié le 28 janvier 2019 dans Moments Forts, News

Chercheurs

C’est l’un des rares évènements de l’année qui permet de rassembler la majorité des chercheurs financés grâce au Télévie. Ils sont 180 sur 203 à s’y être inscrits. Le reste du temps, chacun travaille dans son laboratoire, son université, sa ville. Aujourd’hui, ils sont tous réunis pour assister au «Séminaire Télévie». L’objectif est de faire circuler leurs idées, notamment en les résumant en 3 minutes…

L’exercice est particulièrement compliqué. Surtout pour des scientifiques, précis, rigoureux, souvent exhaustifs, puisque chaque détail a son importance. Pourtant, ces jeunes chercheurs Télévie s’y plient avec un certain plaisir. 24 d’entre eux ont été sélectionnés pour présenter lors du « Séminaire Télévie » les résultats de leur recherche en 180 secondes ! « Ce Séminaire existe depuis plus de 15 ans, mais c’est la première fois que nous organisons ces résumés de 3 minutes », explique Luc Willems, professeur à l’Université de Liège et Directeur de recherches FNRS. « Je pense que c’est essentiel d’arriver à bien synthétiser l’objet et les résultats de ses recherches. Mieux comprendre les mécanismes du cancer ne se limite pas à un travail de laboratoire, cela comprend aussi la communication de son travail ».

Clémence Al Wardi, 28 ans, chercheuse à l’Université Libre de Bruxelles, est l’une des premières à se lancer. Très à l’aise, elle réussit brillamment à résumer sa thèse sur les « modifications chimiques de l’ADN dans le cancer du sein ». « Je m’étais préparée en récitant devant mon chat », chuchote-t-elle pour décompresser, « il était très réceptif ;-)».

Marina Digregorio, 26 ans, recherche, elle, à l’ULiège. Elle essaye de mieux comprendre les rechutes dans le cadre du glioblastome, un cancer du cerveau. « Généralement, je ne suis pas très à l’aise à l’oral. Mais c’est un très bon exercice. Je suis contente de l’avoir fait ». Au pupitre, défile aussi Victor Delprat, 26 ans, de l’UNamur. Lui s’est préparé « devant ses collègues de laboratoire » et s’intéresse « à tout ce qu’il y a autour des cellules cancéreuses, notamment les cellules de vaisseaux sanguins. Et j’essaye de voir comment elles communiquent entre elles ».

In English

Difficulté supplémentaire, toutes ces présentations se font `in English´: « Dans le domaine de la recherche, l’anglais est LA langue véhiculaire. Pouvoir bien s’exprimer dans cette langue fait aussi partie de la formation des chercheurs », explique le professeur Luc Willems.

Par ailleurs, n’oublions pas que même si la majorité des chercheurs Télévie sont francophones, certains viennent de l’étranger, d’Italie, du Liban, et même d’Inde !

« L’anglais, on l’utilise tout le temps en labo, donc pour moi ça allait. Ça ne s’est pas trop mal passé » explique, soulagée, Clémence.

Une approche multidisciplinaire

Aux côtés de ces jeunes chercheurs, des scientifiques confirmés exposent également, au pupitre, leurs recherches. Le grand auditoire bouillonne, et c’est bien l’objectif d’une telle journée. « Permettre la circulation des idées, favoriser l’échange scientifique et stimuler le développement des collaborations entre les chercheurs et entre les universités », confirme Michael Herfs, Chercheur qualifié FNRS et orateur du jour. « On n’est plus à l’époque de Louis Pasteur où les chercheurs étaient seuls dans leur laboratoire ».

Aujourd’hui, la meilleure chance de progresser dans la lutte contre le cancer, c’est en effet d’appliquer une approche multidisciplinaire, c’est-à-dire combiner plusieurs domaines de recherches. Pour que la recherche de chacun profite aux autres.

 


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