Le vaccin contre le papillomavirus désormais gratuit pour les garçons

Publié le 16 septembre 2019 dans Moments Forts, News


Depuis ce 1er septembre 2019, les garçons ont également droit gratuitement au vaccin contre le papillomavirus. Connu pour son implication dans le développement du cancer de l’utérus, il est également à la source de nombreux cancers qui touchent les hommes.

La date du 1er septembre 2019 symbolise la rentrée scolaire mais aussi de nouveaux changements. Et du côté de la santé, c’est une nouveauté pour le vaccin contre le virus HPV, plus connu sous le nom de “papillomavirus”: depuis cette date, il est devenu gratuit pour les garçons. Dès lors, tout enfant, qu’il soit fille ou garçon, inscrit en première différenciée, en deuxième secondaire ou âgé de 13 à 14 ans et inscrit dans l’enseignement spécialisé, a droit au vaccin gratuitement. Une gratuité dont les filles bénéficient déjà depuis 2011 dans le cadre du Programme de vaccination de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette recommandation est désormais appliquée en Belgique, aussi bien en Flandre que dans le sud du pays.

 Le papillomavirus à la source de cancers qui touchent aussi les hommes

Il existe plus de 100 types de virus du papillome humain. Beaucoup d’entre eux ne posent pas de problème et passent inaperçus. Généralement, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS),  environ 90% des infections liées à ce virus disparaissent dans les deux ans qui suivent la date à laquelle elles ont été contractées. Dans d’autres cas, les infections HPV peuvent persister et être à l’origine de certains cancers. Chaque année, dans notre pays, on compte plus de 1000 nouveaux cas de cancers liés au papillomavirus selon les chiffres du KCE, le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé. Le plus connu est celui du cancer du col de l’utérus mais également  des cancers plus rares comme ceux du vagin, du pénis, de la gorge, du pharynx ou encore de l’anus qui touchent aussi les hommes. Aujourd’hui, précise l’OMS, “l’augmentation des cancers liés au HPV chez les hommes est une réalité puisqu’un quart des cancers liés au papillomavirus touchent les hommes”.

Ce virus se transmet sexuellement mais aussi par voie cutanée (frottements, caresses). C’est la raison pour laquelle, malheureusement, le préservatif ne protège que partiellement des risques de contaminations. En se faisant vacciner, les garçons sont mieux protégés du cancer et diminuent leur risque d’être porteur du virus mais aussi celui de le transmettre lors de rapports sexuels. “Si le garçon n’est pas porteur, il n’est pas non plus transmetteur. Et donc en évitant qu’il ne porte le virus HPV, grâce à la vaccination, on l’empêche aussi de le transmettre à des femmes. Et il y a un effet de population et de transmission qui n’existe plus”, explique Frédéric Kridelka, chef de service gynéco-obstétrique au CHU de Liège dans le RTL Info diffusé le 1er septembre 2019.

Une réussite déjà prouvée à l’étranger

Si cet élargissement de la vaccination vient d’être mis en place chez nous, il l’était déjà dans d’autres pays comme le Royaume-Uni, l’Australie, ou encore certaines provinces du Canada. Cette démarche a permis de faire ses preuves à l’étranger. En Australie, le pays a presque éradiqué le virus grâce à une couverture vaccinale élevée. Il est l’un des premiers pays à avoir financé publiquement un programme national de vaccination, lancé en 2007. La vaccination des garçons ayant été incluse par la suite en 2013. En dix ans, le taux de femmes âgées de 18 à 24 ans infectées par le papillomavirus est passé de 23% à 1%. Et selon une étude publiée en octobre 2018 dans la revue scientifique The Lancet, l’Australie serait en voie d’éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2028.

 

Un courrier reçu dans chaque école

En Belgique, aussi bien en Flandre qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, les parents et enfants ont été informés de cette option à l’aide d’un courrier explicatif reçu à l’école et leur demandant leur accord. Tout y est détaillé: le virus, la vaccin, les réactions qu’il peut engendrer ou encore où se rendre pour se faire vacciner. L’enfant peut être vacciné par son médecin traitant, en centre de planning familial ou via les services en charge de la santé à l’école (PSE). “Le plus simple (pour les parents) est de réagir positivement au courrier qu’ils reçoivent de l’école, demandant s’ils autorisent la vaccination. À ce moment-là, leur enfant recevra deux doses de vaccin. S’ils veulent le faire hors contexte scolaire, ils peuvent le faire. Ça leur coûtera 11 euros par vaccination. Dans le cadre scolaire, c’est gratuit”, précise également Frédéric Kridelka dans le RTL Info du 1er septembre 2019.

 

Si cette vaccination n’est pas obligatoire, elle est vivement recommandée par le Conseil Supérieur de la Santé. Plus nombreux seront les personnes vaccinées, filles et garçons, plus les chances de voir le virus disparaître augmentera. Elle permettra, c’est certain, de réduire le risque de cancer.

Pour plus plus d’informations, rendez-vous ici:

> https://www.vaccination-info.be


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