Ça donne du sens à son décès

Publié le 5 juin 2020 dans Non classé


L’idée d’une cagnotte, lancée sur Facebook, au lendemain du décès de sa compagne, Laurence, a surgi comme une évidence pour François Bottin. Un appel de fond au profit de la recherche scientifique. Comme le respect de la volonté de celle qui s’est battue pendant quatre ans, même si, elle n’en avait jamais parlé. Aujourd’hui, à la famille et aux amis sont venus se joindre les anonymes, touchés directement ou indirectement par la maladie, unis « en mémoire de la jeune femme ». En espérant, souligne François, que, peut-être, l’argent collecté puisse servir un jour à d’autres. Grâce à son départ, Laurence pourra contribuer à ce que d’autres vies soient épargnées.

Le drame qui a frappé cette famille est extrêmement récent. Le 29 avril dernier, le combat était perdu pour Laurence qu’un cancer du sein est venu frapper en février 2016. Particulièrement agressif, forçant l’ablation, obligeant une chimio et des rayons intenses pendant près de six mois. Puis, jusqu’en février, deux ans plus tard, un certain répit qui, subitement s’est transformé en récidive devenue, au fil des mois, implacable. D’autant, explique son compagnon, qu’il n’était pas possible aux médecins, génétiquement, de lui proposer un traitement ciblé. Chaque essai à ce niveau s’est soldé par un échec. Seule la chimiothérapie générale lui était permise.

L’idée d’une cagnotte était « son » idée

Laurence, au début de cette année, à l’occasion de son 39ième anniversaire avait lancé un appel aux dons pour le Télévie 2020, surprise de la somme obtenue. Quelque 600€ destinés aux chercheurs du FNRS. C’est sans doute ce souvenir encore tout récent qui a amené François à le relancer, le jour même de son décès. « Nous n’avions pas eu le temps de parler de ce qu’elle aurait souhaité le jour où… Tout cela a été assez subi. Mais, immédiatement, je me suis dit que plutôt que d’investir dans des fleurs pour ses obsèques, il était, sans doute, plus judicieux de proposer à notre entourage de consacrer cet argent à la recherche. Un transfert, finalement. Une manière de perpétuer sa mémoire. Voilà comment est née l’idée.

Facebook a contribué à véhiculer le message. A le partager, et finalement à toucher plus de deux cent donateurs, se soldant par une somme impressionnante de près de 12 000€, au moment de l’écriture de cet article.  Dès le premier jour, la surprise a été totale. D’autant qu’au début, nos familles réunies y ont pris part en toute logique. Par la suite, des personnes qui ne nous connaissent pas, qui n’ont pas connu Laurence, ont contribué à gonfler cette cagnotte. C’est ça qui est assez fascinant ! Si cela pouvait aussi donner l’idée à d’autres, cela permettrait d’ouvrir ainsi un canal supplémentaire pour augmenter les moyens des chercheurs, le financement des laboratoires. Mais par-dessus tout, cela donne du sens au décès de Laurence et rend hommage à sa mémoire.

On n’a pas le choix !

Son courage surhumain m’a bouleversé. Laurence ne voulait pas que l’on se rende compte de la maladie et du combat qui l’accompagnait. C’était important pour elle. Elle faisait tout pour que rien ne paraisse. A tel point qu’il en est qui n’ont rien remarqué, ou presque. Certains finissant par douter que le cancer la tenaillait. Le maquillage et l’apparence soignée dont elle a fait preuve tout au long de ces quatre années masquaient le mal qui la rongeait, le dérobait aux yeux de son entourage.  

Aujourd’hui, François se dit « content pour elle » au travers du résultat de cette idée lancée « comme ça ». Ses deux fillettes de 8 et 5 ans sont là aussi pour lui rappeler que la vie continue, que malgré tout, comme il l’exprime pudiquement nous avons eu un peu de temps à nous. On n’a pas le choix, il faut désormais continuer. Le résultat surprenant de notre initiative me donne à penser que tout cela aura servi à quelque chose…

Frédéric Bastien


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