Valentine : savourer le moment sportif

Publié le 7 mars 2022 dans Moments Forts, News


Valentine Grandjean est la marraine de la 12e jogging-marche Allan Sport Télévie qui aura lieu ce dimanche 13 mars. Pour la jeune femme de 26 ans amputée suite à un ostéosarcome, le sport a joué un rôle essentiel dans l’épreuve de la maladie et du handicap.

Au début, ce n’était rien. Des douleurs ponctuelles dans le pied. Pas de quoi inquiéter la jeune Namuroise, Valentine, alors étudiante pour devenir assistante sociale. Mais les douleurs persistent : on lui diagnostique une entorse, on la plâtre, sans bien comprendre ce qui se passe. Des examens plus approfondis finissent par révéler que Valentine souffre d’un ostéosarcome, un cancer des os qui touche généralement les jeunes entre 10 et 20 ans. Valentine en a alors 21. « Comme c’est un cancer pédiatrique, on a un peu tâtonné avant de trouver ce que j’avais », raconte-t-elle aujourd’hui. L’ostéosarcome étant une tumeur particulièrement agressive, Valentine entre rapidement en traitement : chimio, radiothérapie et bientôt une greffe osseuse, en décembre 2018. « La greffe s’est infectée. Soit je me faisais à nouveau opérer – mais cela n’avait que 5% de chances de réussir –, soit je me faisais amputer. J’avais 24 heures pour décider. »

Des possibilités insoupçonnées

Après son amputation, Valentine est démoralisée. Comment ne pas l’être après ces chocs successifs, au moment où la vie d’adulte se profilait ? « Une des premières choses auxquelles j’ai pensé, c’est que je ne pourrais plus jamais mettre de jupe », explique la jeune femme, adepte du shopping et des sorties entre amis. Joueuse de tennis en interclubs, Valentine pense aussi naturellement qu’elle ne pourra plus jamais monter sur un terrain. « Moi, à la base, il ne fallait pas me parler de handicap. Je ne connaissais rien à ce monde-là. Personne qui ait été gravement malade ou non-valide dans mon entourage… Et puis j’ai rencontré le fondateur de l’asbl Let’s go, lui-même amputé. D’abord, ce que j’ai vu… c’est que ça ne se voyait pas : en pantalon, on ne pouvait pas dire qu’il avait une prothèse. » Valentine accepte de jouer une partie de ping-pong avec lui et commence peu à peu à entrevoir de nouvelles possibilités. « J’ai commencé à courir avec Let’s go, qui organise des entraînements réunissant valides et non valides. C’est ça qui m’a plu : l’aspect inclusif, qui me permet aussi de m’entraîner avec mes amis valides. »

Se sentir vivant

Aujourd’hui, Valentine en est sûre : le sport a joué un rôle essentiel pour surmonter l’épreuve de la maladie et de l’amputation.  « Sans cette rencontre, je serais encore probablement dans ma chaise ! Pratiquer un sport, ça nous fait sentir qu’on est quelqu’un de normal. Ça permet de se sentir vivant, de se lancer des défis, de faire des nouvelles rencontres. Et d’une certaine manière, parce qu’on sait tout ce que ça représente, on savoure beaucoup plus le moment sportif qu’avant. » Une aide majeure qui a aussi un coût : une prothèse de course – distincte de la prothèse de marche que Valentine porte habituellement – coûte entre 10 000 et 15 000 euros, comme les autres prothèses sportives permettant par exemple de faire du vélo. « Sans l’association Let’s go qui l’a financée, je n’aurais jamais pu me mettre à la course… »
Si Valentine a dû interrompre ses études après son cancer, elle travaille aujourd’hui dans un cabinet ministériel, où elle est en charge des infrastructures sportives. La jeune femme s’est aussi remise au shopping et continue à voir ses amis et à voyager. « Bien sûr, tout reste plus compliqué, raconte-t-elle. Quand je pars en voyage, non seulement je dois prendre ma prothèse de course dans ma valise si je veux courir, mais en plus ma prothèse de marche sonne quand je passe au détecteur de métaux… et donc je dois l’enlever devant tout le monde… » Autant d’obstacles au quotidien que les valides n’imaginent même pas ! « L’insouciance, on la perd de toute manière avec la maladie, résume Valentine. On est confronté d’un coup à plein de tabous : la maladie, la mort, et toutes les autres choses comme la perte de cheveux, les perruques… Donc c’est important, notamment à travers ce jogging-marche de savoir et de montrer qu’on n’est pas seul, qu’il y a une cohésion, que ça touche plein de gens. Se montrer, c’est aussi participer à rendre la chose ‘normale’. Les enfants qui m’ont toujours connue avec une prothèse ne la remarquent même pas ! »

Infos 12ème jogging marche Allan Sport Télévie

Départ et arrivée : Avenue Brassine à Rhode-Saint-Genèse à 10h00.

Pour les joggeurs, un parcours de 7 ou 12 km dans la forêt de Soignes. Jogging par groupes guidés par des meneurs d’allure à des vitesses comprises entre 9 km/h et 15 km/h, au choix des participants.

Pour les marcheurs, magnifique circuit de 7 km ou 12 km dans la même région.

Avec la participation de Richard Ruben, Valentine Grandjean et Pierre Sonveaux

Pour plus d’infos: http://www.challengeallansport.be/jogging-et-marche/


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