Motivés et obstinés dans leur soif de comprendre les mécanismes de la maladie, plusieurs chercheuses et chercheurs ont vu leur projet de recherche financé par les dons récoltés cette année. Zoom sur quatre d’entre eux.
Emma Lambert
Originaire de La Bruyère, près de Namur, Emma Lambert a fait tout son cursus en biologie et biochimie moléculaire et cellulaire à l’UNamur. Elle est désormais en 1ère année de doctorat. Son projet de recherche vise à comprendre pourquoi et comment les glioblastomes, une forme très agressive de cancer du cerveau, résistent encore aux traitements actuels. « Aujourd’hui, la prise en charge des patients repose sur une combinaison de chimiothérapie et de radiothérapie conventionnelle utilisant des rayons X. Nous cherchons à savoir si le fait de changer de type de radiothérapie – en utilisant cette fois des particules chargées – permettrait de contourner ces résistances ou si les mécanismes en jeu restent les mêmes. Ces recherches pourraient aider à mieux comprendre les rechutes des patients et à développer des traitements plus efficaces à l’avenir », expose la doctorante de 24 ans. La bourse Télévie lui permet de financer le matériel, les équipements et la formation nécessaires pour travailler au quotidien. « Ce qui me motive, c’est la conviction que notre recherche peut réellement contribuer à améliorer la vie des patients. Chaque petite avancée représente une source d’espoir et de courage pour eux ».
Thomas Jouant
Il a toujours été attiré par les sciences et par la recherche de solutions aux problèmes posés. Au fil de ses études de bioingénieur à la Faculté de Gembloux Agro-Biotech (ULiège), les cours de biologie moléculaire et d’immunologie ont renforcé son envie de contribuer, à son échelle, à l’avancée de la recherche. Thomas Jouant est aujourd’hui en dernière année de thèse. Il s’intéresse à un virus appelé HTLV-1, capable de provoquer une forme de leucémie. Ce rétrovirus infecte environ 25 millions de personnes dans le monde. « Malheureusement, il n’existe actuellement aucun traitement satisfaisant contre cette maladie qui touche les lymphocytes T des cellules clés de notre système immunitaire. Mon objectif est de mieux comprendre les mécanismes que le virus utilise pour se multiplier et déclencher la leucémie. Dans ce cadre, j’étudie également un virus proche du HTLV-1, responsable d’une maladie similaire chez le mouton. C’est un modèle qui nous aide à mieux comprendre le comportement du virus humain », explique le Gembloutois de 26 ans.
Sylvie Vande Velde
«J’ai 35 ans et je viens de Bruxelles. Je m’apprête à débuter un postdoctorat à l’ULB sous la supervision du Professeur Ignace Loris. Grâce à la bourse Télévie, je vais pouvoir continuer mes recherches autour de deux grands objectifs. Le premier consiste à poursuivre le développement d’un programme informatique qui permet de prédire, sur base d’échantillons de séquençage de tumeurs, les différents types de cellules immunitaires qui ont infiltré ces tumeurs ainsi que leur proportion. Le second objectif porte sur l’identification de marqueurs prédictifs de la réponse à un traitement d’immunothérapie appelé anti-PD1 et l’exploration de nouvelles pistes pour améliorer son efficacité. Pour ce faire, j’analyserai des centaines de données de séquençage de patients avant et après traitement provenant de différentes études », explique avec enthousiasme Sylvie Vande Velde, titulaire d’un doctorat en bioinformatique. Profondément reconnaissante envers ses parents qui ont toujours réussi à éveiller sa curiosité et son conjoint pour son soutien constant, elle n’oublie à aucun instant la générosité des donateurs et des donatrices du Télévie qui soutient son travail avec des collaborateurs extraordinaires.
Maxime Boulinguez
Né à Beuvry dans le nord de la France, Maxime Boulinguez habite à Bruxelles et a effectué son cursus de pharmacien à l’UCLouvain. « Je suis pharmacien, donc rien ne me prédisposait à la recherche fondamentale, mais après un stage j’ai compris que je voulais apporter ma pierre à l’édifice des avancées médicales. » Il est actuellement en 2ème année de doctorat au sein de l’Institut de Recherche Expérimentale et Clinique (IREC, UCLouvain). « Ma recherche vise à mieux comprendre comment renforcer l’activité antitumorale des lymphocytes T, des cellules clés du système immunitaire. Nous étudions notamment certaines “niches” où ces cellules s’activent au contact de cellules présentatrices d’antigènes. L’objectif est d’utiliser cette interaction pour améliorer la capacité mémoire et l’efficacité des lymphocytes T, tout en s’intéressant à augmenter la capacité des vaccins à base de cellules dendritiques à être plus résistants au microenvironnement tumoral qui représente l’un des défis majeurs dans la résistance aux immunothérapies », explique Maxime Boulinguez. La bourse Télévie va lui permettre de financer ses recherches.













